Le rhum évoque immédiatement les Caraïbes : palmiers, pirates et voiliers. Pourtant, l’histoire du rhum commence bien plus loin, en Asie. La canne à sucre y poussait depuis des milliers d’années avant de traverser l’océan vers le Nouveau Monde. Dans ce blog, nous suivons ce voyage, de la canne à sucre jusqu’au rhum qui se retrouve aujourd’hui dans votre verre.
D’où vient la canne à sucre ?
La canne à sucre est originaire de Nouvelle-Guinée. De là, la plante s’est répandue en Asie du Sud-Est, en Chine et en Inde. Très tôt, on a appris à en presser le jus, à le faire évaporer pour obtenir du sucre et à le faire fermenter en boissons alcoolisées. Ces boissons fermentées à base de canne sont les lointains ancêtres du rhum, même si l’on ne distillait pas encore comme aujourd’hui.
Par la Perse et les marchands arabes, la canne à sucre a atteint le bassin méditerranéen. Plus tard, Espagnols et Portugais ont créé des plantations sucrières sur des îles comme Madère et les Canaries. Lorsque Christophe Colomb entama son deuxième voyage en 1493, il emporta de la canne à sucre vers les Caraïbes. Dans le climat chaud et humide, la plante poussa exceptionnellement bien. Ainsi commença le chapitre caribéen du rhum.
Comment le rhum est-il né dans les Caraïbes ?
Au XVIIe siècle, les plantations sucrières se sont rapidement étendues, sur des îles comme la Barbade, la Jamaïque et Hispaniola. La fabrication du sucre laisse un résidu : la mélasse, un sirop sombre et collant encore riche en sucre. Longtemps, personne ne savait qu’en faire. Jusqu’à ce que l’on découvre qu’on pouvait la faire fermenter et la distiller.
Le premier rhum caribéen était rude et ardent. À la Barbade, vers le milieu du XVIIe siècle, on parlait de « kill-devil » et de « rumbullion », des noms qui ne laissent guère de place à l’imagination. C’est probablement de ce dernier mot que vient le nom rhum. Ce qui avait commencé comme un moyen d’utiliser un résidu devint rapidement une marchandise importante.
Cette histoire a aussi une face sombre. Les plantations sucrières reposaient sur le travail de personnes réduites en esclavage, venues d’Afrique. Le sucre, la mélasse et le rhum faisaient partie des routes commerciales entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. Qui raconte l’histoire du rhum ne peut pas l’oublier.
Le rhum et la mer
Le rhum voyageait avec les navires. À partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, la marine britannique distribuait chaque jour une ration de rhum aux marins, le fameux « tot ». Cette tradition a perduré jusqu’au 31 juillet 1970, une journée connue sous le nom de Black Tot Day. Le rhum est ainsi resté à jamais lié à la navigation et à l’aventure.
Les trois grands styles de rhum
Cette histoire coloniale a donné naissance, en gros, à trois styles que l’on reconnaît encore aujourd’hui :
- Style anglais (Jamaïque, Barbade, Guyana) : élaboré à partir de mélasse, souvent en alambics pot still. Ample, riche et aromatique. Le rhum jamaïcain est connu pour ses arômes très fruités, parfois funky.
- Style espagnol (Cuba, Venezuela, Porto Rico, République dominicaine) : aussi à base de mélasse, mais généralement distillé en colonne. Plus léger, plus doux et souvent un peu plus rond.
- Style français (Martinique, Guadeloupe, Marie-Galante) : le rhum agricole n’est pas fait à partir de mélasse, mais de jus de canne fraîchement pressé. Cela donne un rhum frais, herbacé et épicé. Le rhum agricole de Martinique possède même sa propre appellation d’origine protégée.
Cette classification est une simplification : de nombreux producteurs combinent les techniques, et d’excellents rhums sont aussi produits hors des Caraïbes, de l’île Maurice aux Fidji. La boucle est bouclée : la canne à sucre revient sous forme de rhum dans la région d’où elle est partie.
Du distillat rude au rhum premium
Le rude kill-devil d’autrefois est bien loin du rhum que l’on trouve aujourd’hui en rayon. Les distilleries travaillent avec des fûts soigneusement choisis, de longs vieillissements sous le climat tropical et parfois des finitions en fûts ayant contenu du vin ou d’autres boissons. Sous l’effet de la chaleur, le rhum vieillit plus vite dans les Caraïbes que le whisky en Écosse : l’évaporation est plus forte et le bois cède plus vite ses arômes.
Pour choisir un rhum, il vaut la peine de regarder l’origine et la matière première. Mélasse ou jus frais, pot still ou colonne, jeune ou longuement vieilli : chacun de ces choix détermine le goût dans votre verre.
À déguster
Quatre rhums qui mettent joliment les différents styles côte à côte. N’hésitez pas à les goûter l’un après l’autre, du plus léger au plus puissant.
Questions fréquentes
D’où vient le rhum à l’origine ?
La canne à sucre vient de Nouvelle-Guinée et d’Asie, mais le rhum distillé tel que nous le connaissons est né au XVIIe siècle dans les Caraïbes, notamment à la Barbade.
Quelle est la différence entre le rhum et le rhum agricole ?
La plupart des rhums sont faits à partir de mélasse, un sous-produit du sucre. Le rhum agricole est fait à partir de jus de canne fraîchement pressé et il est plus frais et plus épicé.
Pourquoi le rhum vieillit-il plus vite que le whisky ?
Avec la chaleur, le bois agit plus intensément et l’évaporation est plus forte. Un rhum de huit ans des tropiques présente donc souvent plus d’influence du bois qu’un whisky du même âge.
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L’alcool nuit à la santé. Consommez avec modération.